Douce France...

Je suis rentrée des Etats-Unis mardi matin à 7h45 par le vol d'Air Tahiti Nui, et j'en suis tout simplement enchantée ! Non, non, pas de mon voyage, mais de mon retour ! Il était vraiment plus que temps ! Rien de tel qu'un petit séjour chez les fous pour apprécier notre douce contrée...

Bon, je crois que je viens de vous citer le seul aspect positif de mon voyage : il m'a fait apprécier mon retour. Pour la suite, accrochez-vous !

Pour commencer à bien planter le décor et expliquer en partie ma mauvaise humeur (mauvaise foi diront certains ?...), je dois dire que je suis tombée très malade dans l'avion me conduisant à Los Angeles ce mardi 11 décembre... Bronchite, angine, autrement dit toux incessante, fièvre, gorge gonflée et douloureuse, perte de ma voix, vomissements et autres malaises... Pour un bref séjour d'une petite semaine, 12h30 d'avion à l'aller, 10h au retour et 9 heures de décalage horaire, c'est sûr que ça ne met pas dans les meilleures dispositions... Mais ça n'explique pas tout, et je vais essayer de vous donner un aperçu d'un Noël américain dans une famille pourtant plutôt moderne et ouverte.

Mon agacement commence d'abord à mon arrivée, alors que j'étais plutôt enthousiaste et contente d'être là au départ. Ma famille habite à Carlsbad, soit environ à 2 heures de route de l'aéroport de Los Angeles. Bien que pour une fois mes genoux aient tenu le coup, vous imaginez bien qu'à mon arrivée je n'ai qu'une envie, prendre une douche et un peu de repos. Mais non, surprise ! On va chez ma grand-mère, Beverly, la mère de mon daddy (non, non, ce n'est pas pour frimer que je dis daddy, mais pour différencier mon père biologique américain de mon père nourricier à Carros que j'appelle Papa, vous suivez ?...). Nous allons donc à Torrence (je n'ai pas encore compris s'il s'agissait d'un quartier de L.A. ou d'une petite ville à proximité) où nous passons une bonne partie de l'après-midi. Avant de rentrer, nous allons dans le quartier voisin réputé pour ses lumières de Noël. Et en effet, c'est impressionnant ! Chaque famille déborde d'imagination pour décorer sa maison individuelle et son jardin. En revanche, rien n'est fait par la ville dans les quartiers voisins, la différence est un peu écoeurante. Mais c'est vrai que ça vaut le détour. Je vous passe évidemment les crèches, croix chrétiennes, étoiles de David et autres signes religieux, dont le fameux "I Love Jesus" que je retrouverai à d'autres occasions... Mais si on fait abstraction de ce côté religieux de la culture américaine, on peut admettre que c'est joli (bon, il faut aussi éviter de se demander combien d'énergie est gaspillée par cette surconsommation d'électricité). Mais alors que je souhaitais prendre des photos, nous avons fait le tour du pâté de maison...en voiture !!! J'ai réussi à m'en extraire pour faire un tout petit bout de chemin, mais c'est à la fois regrettable et révélateur de ce qui suivra lors de ce séjour...

Puis, au moment de quitter Beverly pour rentrer à Carlsbad, alors que la fatigue commençait vraiment à m'envahir (je commençais seulement à me sentir malade, mais comme je ne dors jamais en avion, j'étais bien fatiguée), Jeff (donc mon Daddy) décide de parler politique dans la voiture. Il a commencé à m'exposer sa conception libertarienne, ce qui d'un point de vue sociétal me va assez bien puisqu'il est favorable au mariage homosexuel par exemple ou autres signes d'ouverture d'esprit assez appréciables et assez rares aux Etats-Unis, il faut bien le dire. Puis il me dit combien il est parfois difficile pour lui, athée (autre point très positif à mes yeux), de vivre et composer avec sa femme, Lisa, qui est mormone... Mais là où le bât blesse, c'est quand il aborde l'aspect économique de sa philosophie, allant jusqu'à résumer le conflit israélo-palestinien à une simple question d'argent. Sans parler de son analyse économique sur la Chine ! J'ai d'abord essayé d'argumenter, mais trop fatiguée pour parler, j'ai fini par me contenter d'écouter en somnolant...

Arrivés dans leur grande maison de Carlsbad, je vais dire bonsoir à Lisa qui n'a pu venir à l'aéroport, se remettant doucement d'une opération pour une hernie discale. Là, j'ai droit à une analyse médicale de mes problèmes de genoux dont l'origine serait, à n'en pas douter selon Dad et Lisa, un problème de dos. Mon épuisement est à son comble et j'ai déjà entendu trop de bêtises pour la journée, mais je réponds calmement que cela n'a rien à voir, que ce n'est pas parce que son hernie lui a compressé le nerf reliant au genou et provoquant des douleurs dans son membre inférieur que c'est la même chose pour moi... N'en pouvant plus, je dis que j'ai besoin de dormir et souhaite donc aller me coucher. Problème, ils ont oublié de laver les draps (ça ne faisait que deux semaines que mon arrivée était prévue) et je suis donc censée attendre quelques heures le temps de faire une machine et de faire sécher le linge ! Etant donnée mon impatience perceptible, ils finissent par me trouver des draps (sans blague ?!) et je peux aller faire mon lit et me coucher...

Et ce n'était que la première journée ! Le lendemain, on n'a rien fait. Le jeudi, j'appelle Nicolas pour lui donner des nouvelles après avoir dû accompagner Lisa et Jeff acheter une nouvelle voiture à 12 000 $ à l'insupportable fille de Lisa, Joy, caricature de l'américaine superficielle, capricieuse et hautaine. Mais bon, bien que je m'ennuie profondément et que je leur avais pourtant dis que je préférais lire à la maison plutôt que d'aller avec eux, je garde le sourire et prends mon mal en patience. Après tout, il n'y a rien de surprenant à cet individualisme forcené, et je ne peux pas dire être surprise par leur attitude, je m'y attendais ayant déjà passé trois semaines très ennuyeuses en août. Mais cet été, au moins, j'étais avec Nicolas...

Le jour de la crise déclarée, c'est le vendredi. J'appelle Nicolas pendant environ 40mn, ce que je ne me permettais pas avant, mais nos relations étant plus proches, mon père me disant en permanence qu'il dépenserait n'importe quoi pour moi (alors que je ne demande jamais rien...) et tout l'argent qu'ils dépensent pour des futilités, j'estime pouvoir téléphoner à Nicolas sans les ruiner. Alors que nous étions sur le point de raccrocher, Jeff débarque dans ma chambre pour me demander de bien vouloir raccrocher, les appels en France étant trop chers ! Mon sang n'a fait qu'un tour ! Pour bien comprendre mon indignation, il faut voir comment ils vivent. Have fun est leur expression favorite et il ne semble pas y avoir de limite de budget quand il s'agit de satisfaire leurs plaisirs égoïstes. J'ai repris mon calme, l'ai rejoint dans son bureau et lui ai remis l'argent que ma grand-mère m'avait donné pour Noël en compensation avant d'aller sur Internet. Il a compris qu'il y avait malaise et m'a suivie pour me demander si j'étais fâchée. "Fâchée, moi ? Non, juste furieuse" lui ai-je répondu le plus froidement du monde avec un sourire forcé, avant de lui demander de me laisser. Il est allé cafter à Lisa, qui s'en est mêlée et m'a expliqué qu'il s'agissait d'un malentendu. Elle m'avait entendue parler et lui avait demandé si c'était moi au téléphone, sans lui demander que je raccroche. Qu'ils se soient mal compris, je n'en doute pas, mais ce n'est en aucun cas une excuse à son attitude ! A partir de ce moment là, et alors qu'il restait encore 3 jours à tenir, nos relations ont été froides et distantes, et le resteront probablement. J'ai fait de mon mieux pour faire bonne figure en adoptant ma carapace de secours de fille parfaite. Pour comprendre ce que ça donne, je vous laisse imaginer une Armony en Bree Van de Kamp des Desperate Housewives... Ca résume plutôt bien mon attitude, charmante pour ceux de l'extérieur ne me connaissant pas, mais froide et distante avec Jeff qui a perçu la différence...

Les choses auraient pu s'apaiser, mais elles n'ont fait que s'envenimer au cours du séjour... On me propose une sortie dans la nature, seule chose qui déclenche mon enthousiasme, mais finalement ils annulent pour pouvoir rentrer tôt pour faire un repas de Noël avec mon frère et ma soeur, et finalement ça aussi c'est annulé sans prendre la peine de m'en informer bien sûr. Je n'aurai vu Leo et Elsa en tout et pour tout qu'une après midi ! Le samedi, chose qu'on a oublié de me dire, on doit aller au baptême chrétien d'une des petites-filles de Lisa (elle avait déjà fait le baptême mormon la semaine précédente...). J'arrive à éviter la cérémonie en prétextant ma maladie (qui en plus était tout à fait justifiée). L'après-midi, seule chose sympa, la visite éclair d'Hollywood, avant de retrouver toute la famille de Lisa à l'hôtel à Los Angeles. Au départ, ils m'avaient dit qu'on allait à l'hôtel pour se rapprocher de l'aéroport et me faire visiter L.A. Mensonges ! Jeff avait un concert le vendredi soir à Los Angeles (juste après la crise du téléphone), le samedi c'était baptême et famille de Lisa, et le dimanche, chose qu'on avait encore oublié de me dire, Christmas Party chez une des soeurs de Lisa, Nowell, qui consistait en un savant mélange entre réunion de famille (qui je le rappelle, n'est pas la mienne ! J'étais censée passer du temps avec ma famille biologique que je n'ai découverte qu'en 2002, au lieu de ça je me retrouve avec une famille catho-mormone et républicaine !). Avant de nous rendre à cette "party", petit déjeuner à l'hôtel avec la famille de Lisa et prière collective avant de manger... J'ai supplié pour ne faire qu'une brève apparition à la fête de la soeur de Lisa, Jeff m'avait promis que nous ne resterions pas et irions à l'observatoire de Los Angeles à la place, et finalement nous sommes partis les derniers sans aller à l'observatoire ! Quant au concept de la Christmas Party, c'était un savant mélange de famille, politique (invités républicains), d'affaires et de chants religieux ! Si le thème était sur la Chine, ça ne m'a pas enchantée pour autant !!! Seule consolation, j'ai été tellement malade que j'ai vomi et n'ayant rien mangé depuis la veille, j'ai fait un malaise (à moins que ce soit l'écoeurement de tout ça qui m'ait rendue malade...). Et grâce à ça, j'ai pu m'isoler dans une chambre et éviter ainsi une bonne partie de cette mascarade... Quand la maladie devient une consolation, je vous laisse imaginer la frustration et le désespoir dans lesquels je me trouvais... Deuxième jour de jeûne et retour direct à l'hôtel en fin de journée. Voilà donc comment j'ai passé mon dernier jour aux Etats-Unis ! Et encore, ce n'est qu'un résumé, il y aurait encore beaucoup à dire... Ce n'est pas demain la veille qu'on me reprendra à accepter d'aller là-bas, vous l'aurez compris ;-)

Mais pour finir sur une note plus optimiste, je conclurai en disant que je suis heureuse d'être en France (bien que toujours malade...) et que mes genoux n'ont pas du tout souffert malgré les conditions extrêmes du voyage ! Mon espoir de guérison après plus de neuf ans de souffrance et plusieurs années de handicap se confirme, et c'est bien ça le plus important !

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