Plus qu'une semaine...

Une semaine après les résultats du premier tour et à une semaine du second tour, je viens donner ma petite analyse personnelle des résultats et des enjeux du second tour de cet évènement majeur qui déterminera la politique du pays pour les cinq ans à venir.

Plusieurs amis m'ont demandé comment j'avais vécu les résultats du premier tour, en tant que militante socialiste surtout. Je crois que le mot qui convient le mieux est soulagement. Depuis le choc du 21 avril 2002, une espèce de torpeur s'était abattue sur la gauche et notamment au PS. Le passage du cap du premier tour par la candidate socialiste est donc un réel soulagement, marquant ainsi la fin d'un cauchemar. Si le record de participation est exemplaire et le score de Ségolène Royal encourageant, la baisse du Front National ne m'a pas autant réjouie que certains dans la mesure où ses idées (approche sécuritaire et populiste des problèmes socio-économiques, durcissement sévère des conditions d'immigration...) ont été largement victorieuses avec le taux dangereusement élevé du candidat UMP. Quant au score de François Bayrou, il me rassure un peu en montrant la volonté d'un grand nombre d'électeurs de faire émerger un centre droit alternatif à la droite dure soutenue par Sarkozy. Et chacun sait que parmi les électeurs de Bayrou, beaucoup de citoyens de gauche l'ont soutenu, que ce soit parce qu'ils n'aimaient pas Ségolène Royal ou parce qu'il pensaient que c'était la meilleure façon de contrer Sarkozy. Voilà donc pour mon analyse...

Maintenant, l'enjeu de ce second tour est éminemment important et se pose dans des termes extrêmement simples : dans quelle société voulons-nous vivre ? Car le choix de société qui nous avait été confisqué lors de la dernière élection présidentielle nous est enfin rendu. Et outre les questions de personnalité, c'est sur un programme que les candidats s'engagent, et encore au-delà de ça, c'est une méthode de gouvernement qui distingue de manière encore plus flagrante Sarkozy et Royal. Voici quelques points qui m'ont frappés et que je vais vous livrer le plus sincèrement possible, sans démagogie ni caricature.

Un style de gouvernement. La question du renouveau de la démocratie a été abordé dès le premier tour mais Sarko et Royal n'en ont pas la même conception. Deux méthodes complètement opposées distinguent les candidats.

Pour Nicolas Sarkozy, son programme est un engagement qu'il compte respecter sans compromis s'il est élu. Il se présente sur un programme qu'il a élaboré avec ses proches partisans, et considère que son élection serait un référendum en faveur de l'application rigoureuse de son programme. Un exemple frappant de cette politique : la volonté de proposer une nouvelle constitution européenne sans passer par un référendum, alors même qu'une majorité d'électeurs a voté massivement contre la dernière constitution proposée, constitution qu'il trouvait lui-même très bien.

Pour Ségolène Royal, son Pacte présidentiel, élaboré après la tenue de plus de 6000 débats participatifs à travers la France, trace les grandes lignes d'une action qu'elle veut mener dans la concertation. On lui a beaucoup reproché le temps qu'elle a pris avant de présenter son programme, tant il est vrai que sa méthode politique déconcerte et va à l'encontre des habitudes médiatiques. Mais partant du principe que les citoyens sont les meilleurs juges de ce dont ils ont besoin et tout en s'inscrivant dans une ligne politique résolument de gauche, elle entend donner au citoyen une place active dans la direction des affaires du pays dans le cadre d'une démocratie participative. Pour reprendre l'exemple de la constitution européenne, alors qu'elle aussi soutenait son adoption, elle soumettra le texte au référendum, préférant prendre le risque d'un nouveau refus plutôt que d'éviter le débat.

Une démarche politique. Outre le style de gouvernement, je veux parler ici de la façon dont chaque candidat considère la fonction de président.

Comme je l'ai dit plus haut, Sarkozy considère, s'il est élu, que son programme doit être appliqué sans compromis, alors que chacun sait qu'il n'obtiendra jamais l'unanimité. Ainsi, quand il dit qu'il veut être le président de tous les Français, sa démarche commence dès la campagne du second tour par un manque de respect incroyable pour les électeurs de François Bayrou. Refusant de débattre avec Bayrou, il va jusqu'à considérer l'élection présidentielle comme une finale de foot, les "perdants" n'ayant pas leur mot à dire ! Je suis très étonnée qu'il soutienne une telle comparaison. Car dans une élection, les électeurs déçus ont toujours leur mot à dire. Et refuser que des idées soutenues par 18% des électeurs continuent à alimenter le débat du second tour est tout le contraire d'une démocratie rénovée comme dit le souhaiter Sarkozy.

Le contraste est clair avec Ségolène, puisque loin de s'opposer à ce que Bayrou s'exprime, elle lui a proposé un débat, qui aurait été plus largement retransmis si Sarkozy ne s'y était pas opposé... Respect de l'adversaire et démarche d'ouverture sont les idées maîtresses de Ségolène, qui n'attend pas d'être élue pour les mettre en pratique. Et si les convergences en matières sociales n'ont pas suffit à rapprocher Ségolène et Bayrou sur les questions économiques, l'atmosphère de respect réciproque a permis un dialogue ouvert et franc sur tous les sujets.

Des bilans contrastés.

Nicolas Sarkozy a été ministre dans le gouvernement le plus à droite que la France ait connu sous la Ve République. Puisqu'il a été ministre de l'intérieur, revenons simplement sur son bilan en matière de sécurité. Alors que le candidat Sarkozy se vante d'avoir permis une baisse de la délinquance, jamais les violences aux personnes n'avaient été aussi élevées. Alors, peut-on honnêtement se réjouir d'un tel bilan ? Tout dépend de ce que l'on considère comme prioritaire. Les attaques faites aux biens ont en effet diminuées. Peut-être est-ce le fruit d'une réelle volonté ? La suppression de la police de proximité et l'obligation de résultats faite aux forces de l'ordre ont également considérablement augmenté les bavures policières... Par ailleurs, au niveau fiscal, puisque rappelons que Sarkozy a aussi été ministre de l'économie et des finances, outre les baisses d'impôt dont les principaux destinataires sont les plus riches, son programme propose de diminuer encore ces impôts tout en augmentant la TVA, impôt le plus injuste puisque payé non pas en fonction de ses revenus mais indifféremment selon sa consommation...

Ségolène Royal s'inscrit en faux face à ces deux propositions. La police de quartier, rétablissement en fait de la police de proximité mise en place sous Lionel Jospin, redonne à la police sa mission sociale en alliant prévention et répression et en privilégiant des sanctions adaptées mais rapidement exécutées. Alors que Sarkozy avait dit que la police n'était pas là pour jouer au ballon avec les jeunes des cités mais pour arrêter et réprimer (sic), Ségolène choisit de réconcilier la population avec la police en mettant au centre de ses propositions la police de quartier. Quant aux mesures fiscales, deux mesures clés peuvent être retenues : 1. Privilégier l'imposition sur le capital en faveur d'un allègement des charges sur les revenus du travail - 2.Revoir le découpage des tranches de l'impôt sur le revenu pour rendre plus progressif et donc plus juste la contribution de chacun au budget national. Quant au bilan du PS, outre la police de proximité, je tiens à rappeler la politique des 35 heures tant décriées qui, si elles n'ont pas été bien appliquées faute de concertation suffisante, ont permis de dégager plusieurs centaines de milliers d'emplois dans un esprit collectif de partage de l'emploi qui a bien réussi en son temps. Sans oublier le PACS contre lequel la droite s'est mobilisée avec une ferveur inquiétante...

Voilà donc pour la comparaison. Le 6 mai, le choix vous appartient. Voter blanc ou s'abstenir, c'est décider que ce choix vous est égal. Alors qu'elle que soit votre opinion, allez voter, ne laissez pas les autres choisir pour vous. Notre avenir est en jeu. Mais je sais que mes lecteurs feront le bon choix ;-)

Pour reprendre votre destin en mains dans une France plus juste et plus solidaire, votez Ségolène Royal !

Segolene Royal

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