Pendant que certains cherchent à diviser le PS, la Droite poursuit son opération de démolition...

Je n'ai pas été très bavarde concernant les résultats du Congrès du PS, bien que je m'y sois impliquée et que j'avais commencé à en parler sur ce blog. Ce silence a plusieurs raisons :

  • Volonté de ne pas ajouter à la cacophonie générale,
  • Secret espoir totalement idéaliste que les choses iraient en s'apaisant et que les partisans de Ségolène Royal retrouveraient la raison,
  • Un téléphone qui sonne souvent et me laisse peu de temps pour rédiger un article censé sur le sujet.

Une volonté de diviser de la part même de militants socialistes

Pendant que les partisans de Ségolène Royal s'affichent en victimes tout en refusant de participer au rassemblement autour de la candidate élue légitimement en notre sein, la Droite se rassemble et "nomme" un nouveau secrétaire général à l'UMP, par la voie de leur maître Sarkozy.

Le processus du Congrès au Parti socialiste est long et complexe, mais c'est aussi et surtout un temps démocratique fort qui permet de choisir en conscience une ligne politique pour le seul parti pouvant proposer une alternative concrète au projet de la Droite.

Comme le disait Winston Chruchill : La démocratie est le pire des systèmes... à l’exception de tous les autres. Ce n'est donc pas le système idéal et elle peut conduire à donner une image de division pendant la campagne, mais je continue à penser qu'elle vaut mieux que la nomination par un chef, telle qu'elle se pratique à l'UMP.

Or, alors que la campagne est toujours un moment difficile à passer, les débats parfois vifs pouvant donner une image de discorde, une fois les élections terminées, le temps du rassemblement autour de la ligne choisie dans les urnes doit s'opérer. Car le respect du vote des militants, c'est aussi ça la démocratie. Et même si les scores sont serrés, il faut reconnaître l'autorité du vainqueur avec fair play, quitte à représenter sa candidature la fois d'après, puisque l'alternance est la garantie du bon fonctionnement d'une démocratie.

Pourtant, l'attitude de certains leaders, Ségolène Royal en tête, tend malheureusement à dénigrer un processus démocratique dont nous devrions être fiers. Et aujourd'hui, je dois dire ma tristesse et ma colère face à des militants qui sont davantage ségolénistes que socialistes et portent atteinte à l'intégrité de notre parti.

Serait-ce la faute à Martine Aubry ? Je ne le pense pas. Car à l'impossible nul n'est tenu et je ne vois vraiment pas comment on peut rassembler des gens qui ne le souhaitent pas.

Pendant ce temps là, la Droite démolit...

Et cette situation m'énerve d'autant plus que deux nouvelles très inquiétantes ont fait surface, toutes deux étant le fruit du sénateur-maire et rapporteur général de la commission des finances, Philippe Marini.

Un article du Monde résume mieux que moi la situation (les portions en gras sont de mon fait) :

L'amendement Marini, qui prévoyait la déduction fiscale de certaines pertes boursières et qui a été retiré en toute hâte, lundi 8 décembre, en cachait un autre. Le sénateur UMP Philippe Marini a été cloué au pilori par l'opposition et une partie de la majorité pour sa proposition controversée, mais au passage un autre amendement qu'il défendait, prévoyant de supprimer la demi-part des parents isolés qui n'ont plus d'enfants à charge, a été adopté au Sénat dans la nuit de lundi à mardi.

Ainsi, pendant que certains tentent de diviser la Gauche en espérant en profiter pour une candidature à la prochaine présidentielle, la Droite continue à faire progresser sa vision inique de la société, proposant une déduction fiscale pour les personnes ayant joué et perdu en bourse, risque inhérent au "jeu" et qu'ils ne pouvaient ignorer, et supprimant une aide aux parents ayant élevé seuls leurs enfants.

Car si la première proposition n'est finalement pas passée, le second amendement a été adopté !

Quel avenir reste-t-il à espérer ?

Je suis militante socialiste depuis 11 ans, et je continue à penser que c'est en s'engageant en politique qu'on pourra faire bouger les choses. Mais je dois dire aujourd'hui ma crainte et mon scepticisme face à l'attitude irresponsable de certains dirigeants, privilégiant leurs ambitions personnelles à l'action collective.

Je garde confiance dans la capacité de Martine Aubry et de son équipe, jeune et largement représentative de ce renouvellement dont on a besoin, à porter la vision d'une politique plus solidaire.

La question reste cependant ouverte : laquelle de l'ambition collective de rassemblement et de travail pour construire un projet alternatif à la Droite, ou de l'ambition personnelle de certains attendant des postes à la prochaine présidentielle l'emportera ?

De cette réponse, je le crains, dépend aussi l'avenir du pays, car ce n'est que rassemblés que nous aurons une chance de battre la Droite et son cortège de mesures injustes...

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