Politique et logiciels libres...

Deux évènements marquants cette semaine concernant un de mes domaines favoris après la Chine : le Web.

Le monde du libre regrette le départ de Michel Rocard

D'abord, l'interruption de Michel Rocard de son mandat de député au Parlement européen a provoqué des réactions nostalgiques et reconnaissantes de la part du monde du logiciel libre. Ce n'est pas un fait connu de tous, alors j'en profite pour saluer l'engagement d'un socialiste dans la défense d'un sujet qui peine encore à trouver un écho suffisant, bien que grandissant, dans la classe politique.

Un article de Numerama, dont voici un extrait, résume mieux que moi cet engagement :

Michel Rocard, qui siégeait depuis 15 ans au Parlement européen, a été d'une grande influence sur les eurodéputés lorsqu'il s'est agit de rejeter en 2003, contre l'avis de l'exécutif, la brevetabilité des logiciels en Europe. Plus récemment, il s'est élevé contre le projet de riposte graduée en co-signant l'amendement Bono et en jouant de son influence au Parlement pour convaincre 88 % des députés de le voter. Pendant la campagne présidentielle en France, Ségolène Royal lui avait confié le soin de rédiger un rapport sur les enjeux du numérique dans lequel il préconisait la mise en place d'une République 2.0 assise sur des pratiques d'ouverture inspirée du logiciel libre et du partage des savoirs sur Internet.

Dans un communiqué de presse, l'APRIL témoigne sa reconnaissance à Michel Rocard.

NKM secrétaire d'État à l'économie numérique

L'autre évènement politique touchant le Web, le logiciel libre et l'accessibilité, c'est le remplacement d'Éric Besson par Nathalie Kosciusko-Morizet au secrétariat d'État au numérique.

Pendant un temps, la rumeur circulait selon laquelle Frédéric Lefebvre pourrait remplacer Éric Besson. Une chose est sûr, le soulagement est immense d'apprendre que ce n'est finalement pas lui.

Outre qu'il me sort par les yeux (mais bon, ça, je sais, ce n'est pas le critère le plus pertinent du monde), il est d'une incompétence et d'une bêtise à faire peur. Pour preuve, une citation extraite d'un de ses discours à l'Assemblée nationale, qu'on retrouve notamment sur le blog de Padawan :

L’absence de régulation du Net provoque chaque jour des victimes ! Combien faudra-t-il de jeunes filles violées pour que les autorités réagissent ? Combien faudra-t-il de morts suite à l’absorption de faux médicaments ? Combien faudra-t-il d’adolescents manipulés ? Combien faudra-t-il de bombes artisanales explosant aux quatre coins du monde ? Combien faudra-t-il de créateurs ruinés par le pillage de leurs œuvres ? Il est temps, mes chers collègues, que se réunisse un G20 du Net qui décide de réguler ce mode de communication moderne envahi par toutes les mafias du monde. […] La mafia s’est toujours développée là ou l’État était absent ; de même, les trafiquants d’armes, de médicaments ou d’objets volés et les proxénètes ont trouvé refuge sur Internet, et les psychopathes, les violeurs, les racistes et les voleurs y ont fait leur nid.

Incroyable, non ?!

Donc forcément, à côté, Nathalie Kosciusko-Morizet, bien que n'ayant pas de compétence particulière dans le domaine du Web, nous donne au moins l'espoir qu'elle fera mieux.

Une chose est sûre, cette nomination n'est pas fondée sur le bon sens et les compétences. Alors que sa légitimité en matière d'écologie est certaine et qu'elle pouvait apporter beaucoup dans ce domaine, je ne sais pas s'il faut conclure que ce changement est une "punition" ou une mise à l'écart pour permettre de relancer en période de crise une industrie automobile chère à Sarkozy... Dans tous les cas, l'écologie n'est pas la priorité du gouvernement, si tant est qu'elle ne l'ait jamais été ! Les joies de la politique !

Reste la question de la mise en œuvre du décret pour l'accessibilité numérique, qui semblait en bonne voie avec Éric Besson. Que fera NKM, et surtout quelles seront ses marges de manœuvre ?

L'avenir nous le dira...

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