Nouvelle philosophie : "le sport, c'est dangereux et inutile !"

Depuis un accident de travail dans une maison de retraite dans laquelle je faisais le ménage à 16 ans, mes problèmes de genou n'ont cessé de me poursuivre et de s'aggraver.

Outre la fracture du ménisque interne, repérée par simple IRM, la douleur s'est installée jusqu'à devenir insupportable et très handicapante, et deux types de problème ont très vite fait surface : une douleur provoquée par certains gestes, plutôt mécanique ; une douleur électrique totalement imprévisible et fluctuant selon les saisons.

Après 11 ans de douleurs, consultations médicales et de diagnostics contradictoires, un des deux problèmes semblent faire l'unanimité : douleurs neuropathiques suite à une lésion nerveuse au cours d'une des interventions chirurgicales. Malheureusement pour moi, aucun traitement ne fonctionne chez moi pour ce problème là...

Mais ce n'est que très récemment qu'un neurologue et spécialiste de la douleur, le Dr. Lisovoski, a diagnostiqué ce qui semble être le 2e problème : une tendinopathie sévère de la patte d'oie. Le traitement dans un cas aigu comme le mien consiste en une ou deux injections de cortisone dans le tendon. C'est douloureux, mais la première injection fut suivie d'une telle réussite que j'ai tout de même tenté la deuxième, en espérant une amélioration plus nette.

Car les douleurs neuropathiques semblent n'agir que comme un écho de cette autre douleur. Toutes les douleurs à proximité du genou droit d'ailleurs, les douleurs neuropathiques  les amplifient, les prolongent et les propagent de façon diffuse, mais ces décharges électriques semblent moins handicapantes en elles-mêmes que je ne le pensais.

Après cette première injection, j'ai pu retourner à une expo, c'est-à-dire rester debout pendant longtemps, après avoir pris le métro jusqu'à Paris, et sans de trop graves conséquences à mon retour. Les douleurs étaient là, mais pas d'alitement ni de béquilles, juste un boitillement qui fut parti dès le lendemain après une soirée et une nuit de repos.

Pendant ces onze années, les médecins, quelle que soit leur spécialité, m'ont assuré une guérison par le sport, m'encourageant à "forcer" malgré la douleur, ce qui n'a fait qu'aggraver les choses. Du coup, quand j'ai demandé au neurologue après cette deuxième infiltration à partir de quand je devais reprendre l'exercice, sa réponse m'a beaucoup surprise : Dorénavent, vous devez adopter la philosophie suivante : le sport, c'est dangereux et inutile. La priorité c'est de pouvoir marcher et travailler, et même aller au musée si je veux, mais le sport est donc terminé pour moi. Depuis le temps, même si je repense parfois avec nostalgie à ma période sportive, je dois avouer que ce n'est plus ma préoccupation principale. Si je retrouve de la mobilité et si je peux enfin avoir ne serait-ce qu'un peu moins mal, je serai déjà heureuse !

Alors à tous ceux qui comme moi pensaient que le sport, c'est bon pour la santé, gardez ces paroles en mémoire. Le sport, c'est comme tout le reste, à pratiquer avec modération (modération, nouveau mot que je dois ajouter à mon vocabulaire... :-P)

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