Adieu, Sylvie...

On s'est rencontrées pendant la campagne municipale de 2008. Créative et enthousiaste, ton énergie et tes idées permirent d'alimenter la campagne, ton engagement et ta sincérité nous ont rapprochées. De camarades nous sommes devenues amies.

Une chaise rouge...

Pour toi, le socialisme c'était le souci des autres, la solidarité, la générosité. Cette même générosité que tu t'appliquais à mettre en œuvre au quotidien, simplement. À l'image de cette chaise rouge, que tu avais achetée. Rouge, aux couleurs de la campagne. Ton souci du détail, ton goût pour les belles choses, le coordonné. Un geste simple, banal en apparence, mais tellement emprunt d'humanité. Moi, qui dirigeais la campagne, tout en ayant prévenu que je ne pourrai pas participer aux actions que j'organisais, ne pouvant pas rester debout. Toi, qui voulais me faire partager l'ambiance de la campagne, que je ne me sente pas exclue. Alors, une chaise rouge, toute simple, achetée chez Ikéa sur tes deniers personnels, et que tu apportais sur le marché pour me permettre de passer un peu de temps avec vous. Et même si je ne pouvais pas venir à chaque fois, même si c'est encombrant à transporter, tu t'arrangeais pour qu'elle soit là, au cas où, me proposant de passer me prendre en voiture si besoin.

Mais cette chaise n'est qu'un geste parmi d'autres. Les fleurs, les petits mots d'encouragement. Tous ces petits gestes. Tu manquais souvent de confiance en toi, et il fallait te rassurer pour que tu mettes tes idées en pratique, mais quel succès ! La musique apportée sur les stands, les bonbons pour les enfants, les bijoux artisanaux fabriqués chez toi autour d'un café, les moments passés ensemble, simplement, à refaire le monde.

Toute cette énergie qui ne laissait pas transparaître la douleur avec laquelle tu vivais quotidiennement. Encore une chose qui nous rapprochait. À 47 ans, une simple opération pour une hernie discale devait te permettre de soulager tes douleurs. De la routine pour le Dr. Robine m'écrivais-tu encore à deux jours de te faire opérer à la clinique du rachis, à Neuilly. On devait se voir le samedi, après ta sortie, et fêter ça. C'est pratique d'être voisines ! Puis un message de ta sœur, le lendemain de ton intervention. Une artère sectionnée. Sylvie nous a quittés dans la nuit.

C'était dans la nuit du 2 au 3 février. Cela fait  presque trois semaines. Je pense à ta famille, et en particulier à ton fils, William, dont tu étais si fière.

Adieu, Sylvie, et merci pour ton amitié. Jamais je ne t'oublierai.

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